Voyage intersidérant.
Dans la catégorie "étrange" sont nominés "un curé chez les nudistes", "un rabin au far west" et le dernier né du célébrissime et mystérieux moi "Le virus est un extra-terrestre largué sur une planète sidérante".
Me faut encore quelques minutes pour me remettre de mes émotions, parce que comprenez-vous, je viens de faire un aller retour sur une planète à 100 milliards d'années lumière de moi.
Vous ne vous êtes jamais retrouvé quelque part où vous avez passé tout le temps que vous y étiez à vous dire "Mais qu'est-ce que je fou ici ?".
Moi j'ai passé toute la matinée à rejouer la scène (dans ma tête, vu que je devais en vrai jouer le tonton modèle), E.T. téléphone maison ! J'ai même poussé le jeu mental à la perfection jusqu'à E.T. veut rentrer maison.
Hallucinant !
Bon déjà, fallait que je me lève à l'aube, donc le virus c'est balladé un moment avec la tête dans le cul (c'est pas pratique comme position, surtout quand on est pas super souple et de surcroit avec une scie à tique).
Après une douche qui m'a un peu sortie de ma léthargie, il a fallut choisir le déguisement de pingouin (oui ! j'avais pas eu le courage de le préparer la veille), bon ca n'a pas été trop hard, le gris pour ce matin, on mettra le noir tendance djeun pour samedi soir, vu que ca se passera sur les champs (Elysées pour les incultes) on ne sait jamais pourrait y avoir du prince charmant déambulant dans les rues de la capitale autant que je fasse semblant d'être beau.
Entre temps, on monte préparer le café, faudrait pas que je m'endorme au volant.
Un petit post vite fait, histoire de finir de me réveiller et je ferme le PC.
CREEEEETTIIIIIIIN ! T'as pas regarder le mappy te montre la route, ni le citadin qui te démoralise vu que c'est déjà les embouteillages tout partout (ben ouai ! y'en a qui bossent EUX !).
Alors, tu passe la seconde tu relance la machine, tu saisi le password avec une seule jambe dans le pantalon, tu manque de te casser la gueule vu que t'es tout de guingois et que t'as les jambes entravées dans le futal qu'a glissé sur tes chevilles quand t'as laché la ceinture du pantalon pour chopper la souri.
Bref, le bonheur.
T'arrives à grand peine à finir de te préparer et la tu penses AU TRUC VITAL, mais où est ma kippa ? (vous savez le napperon qu'on se fout sur le crane à la synagogue, le petit bout de crochet que tu sors tous les X ans pour les cérémonies gonflantes familiales que t'es obligé d'y aller, même que t'as pas envie, mais comme t'es un bon crétin fils, toi tu ne te fais pas remarquer par ton absence).
Ben, pas retrouvée ! Pas grave, on m'en prétera une la-bas parce que si je dois tout retourner de la cave au grenier, pour le coup je vais me faire remarquer.
Et là, joie suprême, plaisir oublié, tu t'enfiles (nan pas un superbe bogosse craquant, même si j'aurais préféré) dans les embouteillages, le périf toujours aussi chaleureux, avec ceux qui te collent, manquent de te faire raper le flanc de la voiture sur le muret de séparation, qui te font une queue (nan pas celle là non plus !) de poisson en te faisant la gueule parce que franchement T'ES QU'UN CONNARD ! t'as pas vu que j'avais mis mon clignotant pour te dire CASSES TOI CONNARD ! je déboites ! (Moi à qui on avais appris que ca voulait dire, vu que y'a personne, je signale à toutes fins utiles que je vais changer de voie, faudrait qu'on me donne les nouvelles règles des barbares de la route, je suis plus à la page).
Bref, les joies de la circulation parisienne, là où tu mets d'habitude 20 minutes, il te faut 1 heure.
Donc voilà le virus en train de faire le poireau (oui, encore ! je suis spécialiste ! ca doit être la contre partie du respect des autres ! pour arriver à l'heure tu fais le nécessaire donc tu poireautte) devant la synagogue.
Heureusement je suis pas un flippé grave de la trouille qui fait peur, parce que sur des mètres et des mètres y'a des jolies barrières en métal avec des gros panneaux "Plan Vigipirate".
T'en profites pour en griller une ou deux, vu que tu sais pas combien de temps tu vas être séquestré, et même pas t'as fini, tu vois au loin arriver, tes neveux et leur papa (oui ! c'est ton beau frère quoi !).
Le petit bisou qui va bien et histoire de pas passer pour un névropate tu tire à fond sur ta malbiche pour en jeter le moins possible et tu entre dans la synagogue sur leur trace.
Et là, t'as plus qu'à attendre que la famille coté du beau frère arrive les uns après les autres et te lèche la pomme (pour info, je ne me maquille pas, mais si y'en a que ca interesse, j'ai fait réserve de fond de teint dans les poils de ma barbe).
Et vas y que tout le monde y rigole et que toi t'es debout dans un coin essayant de rester digne, te faisant chier comme un rat mort vu que tu connais personne.
Ouf, le premier du coté de la famille que je connais arrive, m'enfin comme il parle le même langage que les autres, tu retournes vite fait à ton célibat ridicule dont les autres n'ont absolument rien à foutre vu que même si tu quadruplait de volume et que tu pesais 500 kilos, personne ne te verrait pour autant. Mais qu'est-ce que je fou là ?
Et ca arrive (en retard) et ca bisouille à tout va.
Dans l'intervalle ta charmante frangine a pointé sont nez avec ta nièce que c'est la 3eme fois que tu la vois la pichounnette et que sa maman lui dit "tu te souviens de mon frère ?" (Euh ! ok je suis ton frère - je l'ai pas fait exprès - mais chui aussi SON TONTON !).
Bref, tu sais pas pourquoi, la frangine qui me fait bisouiller par toute la famille coté never seen before et que je reverrais que dans X années (ah non MERDEEEEUUUH ! je les revois samedi soir), en scandant avec fierté (comme si j'étais le messie !) c'est mon frère ! avec un grand sourire (a moins qu'elle se soit démerdée avant pour leur raconter à quel point j'étais un handicapé extra terrestre de leur planète et que par ce stratagème après on puisse lui dire que t'es brave ma fille ! je sais pas et je m'en fou - JE VEUX RENTRER CHEZ MOI !).
Déjà, que t'es au bord du malaise cardiaque, ca a même pas commencé !
Ca commence a s'installer dans la synagogue et vas y que ca se dessappe (non pas complètement ! dommage d'ailleurs parce que y'avais de très jolis petits culs que ca m'aurait pas dérangé de les voir ni de leur montrer que y'a une vie géniale en dehors de la syna !) les bras et que ca commence à s'équiper avec les lanières SM (les fameuses tefilines - que je sais toujours pas si ca s'écrit comme ca).
Alors en fait y'en a un ou une (je sais pas) pour le bras, que ca leur fait des bourlets de partout et tu te demande lequel va tomber dans les pommes le premier vu que ca leur coupe la circulation sanguine et un ou une autre pour la tête (donc y ont deux protubérences, une sur le haut du bras - celle la de loin on pourrait croire que c'est un tatou en relief - et une au milieu du front avec les lanières qui pendant autour du cou - là tu te dis AU SECOURS JE VEUX RENTRER CHEZ MOI !) et puis y'a aussi le foulard que tu te croirais au sanatorium où qui sont tous en train de respirer de l'eucaliptus la tete sous la serviette éponge pour se dégager les bronches.
Euh ! Le papinouchet qu'on équipe l'a l'air d'un couillon, mais en fait c'était juste pour les photos ! (Mdr).
Ah ! Oui, j'oubliais ! Evenement crucial pour l'avenir de la planète donc couvert par les photographes du monde entier, des caméramans et tout le tintouin. Donc dans l'esprit super show à l'américaine qui faut qu'on vois qu'on a casser le plan épargne logement pour faire la fête, t'as aussi le groupe musical qui s'est installé dans la syna pour chanter les cantiques avec les instruments de zizik et tout et tout.
Ah ! Je dois vraiment !
Bon, ben tonton modèle dernier cri de la ringardise dans ce monde de fou, fait les risettes pour être immortalisé sur les photos et les films.
Putain, y'a des moments comme ca, où tu rêves que d'une chose, c'est d'avoir un chéri d'amour qui t'accompagne (le pauvre, lui imposer ca - non j'oserais pas - mais vu qui serait le plus génial du monde y viendrait avec plaisir) à qui tu roule une pèle fougueuse au milieu de la foule pour que quitte à être un extra terrestre l'être jusqu'au bout, mais montrer que t'es heureux dans un autre monde !!!!
Bref ca dure, ca dure et ca dure encore. Ben y sont deux alors c'est deux fois plus long (c'est le rabbin qui l'a dit).
D'ailleurs le rabbin parlons-en. D'habitude y sont tout vieux et tout ridé, là c'est un petit jeune tout canon avec un petit cul à se damner ! AAAAAAaaaaaaahhhh ! Un sourire et je me converti !
Je vous passe les lachers de bonbons (ptin j'ai eu du bol, me suis mis ou y peuvent pas m'atteindre) vu que ca doit faire plus mal que le riz aux mariages ! et les fameux YOUYOU qui te pêtent les oreilles à tout bout de champs, tellement que tu te croirais à Fort Alamo en pleine guerre de cessession !
Bref ! A un moment c'est enfin fin ! Mais ...
AAAAAaaaaaaahhhhh ! un "mais" (et vous savez que je les déteste les mais).
... maintenant y'a le brunchhhhhh !!!!
Comme à tout buffet qui se respecte, la goinfrerie humaine bien intentionnée se réveille et dès que le coup de sifflet est donné pour ouvrir le buffet, comme y s'étaient tous dans les starting block, c'est la ruée sur les pauvres barmans qui sont débordés, ca s'entiffle des viennoiseries et des petits fours à coup de pelleteuse mécanique, tu vois passer des assiettes tellement remplies que y'a à bouffer pour 6 mois pour une colonie de biaffrés, c'est limite la gerbe quoi !
Vive la convivialité du buffet !
Tu finis par réussir à prendre un café (pas bon, mais faut pas en demander trop quand doit y en avoir des litres et des litres pour abreuver tout le monde), sauf que t'as toujours une cousine bien intentionnée qui t'as ramené, MEME SI T'AS RIEN DEMANDE, du gateau au fromage qu'il faut que tu t'enfournes parce que t'es bien élevé et que t'es même obligé d'en bouffer plusieurs fois parce que des cousines attentionnées y'en a plein. T'as pas faim, t'es naze, t'as qu'une envie c'est de te barrer, pas grave, t'as toujours des volontaires pour mettre les doigts dans ta gueule pour te gaver de truc qui font grossir (genial ! semaine mal barrée) et qui t'écouerrent.
Au moins on pourra pas dire du mal du tonton (enfin, y trouveront bien des trucs a redire, je leur fait confiance, MAIS JE M'EN FOU), il a tenu son rôle à la perfection.
Et dire que samedi soir faut remettre ca et qu'en plus y'aura encore plus de monde.
Je devais peut être pas bouffer d'ici là, sinon je vais reprendre tous les kilos perdus.