Hey ! Doucement !

Pas intégral le bronzage !

Je sais bien que ça ne choquerait personne de voir un mec à poil en plein Marais.

Du calme ! J'ai dit UN mec, j'ai pas dit moi !

T'imagine le scandale, il y aurait la télé, la foule, des attroupements, on se battrait pour voir mon merveilleux corps d'Apollon, ça se taperait dessus, une vraie révolution, alors même pas en rêve que je me ballade à poil en plein Marais !

En plus, vu que c'est bourré de petit mecs mignons et tout et tout, j'aurais la gaule en permanence ...

Ah ! Non alors, faut pas rêver, je ne m'exhibe pas comme ça !

Quoi dommage ?

Si t'as tellement envie de me voir à poil, on se fait une petite séance coquine tous les deux et tu pourras tout voir :)

Holala ! Mais quelle impatience !

Oui, je sais bien que le bronzage du virus et une étude sociologique, comme ça, ça n'a pas l'air très compatible, mais en fait si, ça l'est !

Mais avant, il faut que je vous raconte ...

Quoi ?

Tu ne veux pas savoir comment que je suis arrivé à cette alchimie bizarre ?

Mais si, fais moi confiance, ça va te plaire !

Quoi ! Non ! Je commence à te connaitre, je te dis que ça va te plaire !

Mais si !

Même que c'est l'histoire d'une rencontre avec un garçon !

Ah ! Tu vois, quand je te dis de me faire confiance, je savais bien que ça te plairait !

Et si pour t'embêter je revenais à l'étude sociologique et au bronzage ?

Tient, tient ! Tu préfère que je raconte dans l'ordre !

Décidément y'a que le cul qui vous intéresse !

Bon allez, je rembobine et on y va !

Donc hier soir (ben oui ! faut bien que je reprenne l'histoire au début !), je tape le bout de gras (ça veut dire discuter pour les ignares de l'argot !) avec un garçon, que c'est pas la première fois qu'on papote et que même il est sympa et que même il a l'air pas mal (chut ! faut pas le lui dire).

Et puis, comme on a tous les deux envie de se voir (lui, c'est surtout pour découvrir qui c'est ce Maxivirus qui déplace les foules, une star de cette envergure ... ! lol) on décide de déjeuner ensemble ce midi.

Il est overbooké, et je suis d'autant plus flatté qu'il ait pris le temps de me consacrer un peu de son précieux temps.

Donc RDV pris pour 13h30.

Le virus étant autant que faire ce peut ponctuel (oui ! ben y'a des fois t'as beau tout faire, t'es en retard, mais tant que ça reste exceptionnel !), calcule tout son timing et à l'heure prévue, se déshabille (mais non ! je ne vais pas te raconter une scène hot là !) pour prendre sa douche.

Quand, le virus sort (il est tout mouillé ? - Oui, ca c'est pas un scoop) et qu'il se sèche pour se faire tout beau (enfin, il fait ce qu'il peut le virus !) il voit que son téléphone portable lui fait de l'œil.

Petit texto du compagnon de futur déjeuner "On peut avancer a 13h, j'ai une réunion surprise", le virus se précipite sur sa pendulette, recalcule son timing, décroche son téléphone et là !

Répondeur !

Bon, je laisse un message, "ok, ça devrait le faire, je fais au mieux, mais faudra pas m'en vouloir si j'ai quelques minutes de retard".

Aussitôt dit, aussitôt fait, le virus met le booster, finit de se préparer, saute dans sa voiture et à 13h00 pile décroche son téléphone (oui, je sais au volant c'est pas bien, mais bon, j'en ai juste pour quelques secondes), "Je suis à la place du Châtelet, le temps d'aller au parking et d'arriver, je suis là dans environ 5 minutes".

Le virus a cela de formidable (oui, ben j'ai le droit de me faire des compliments, vu que vous m'en faite pas !) c'est qu'il prévoit toujours assez large pour parer à ce genre d'éventualités.

Et donc, je retrouve mon petit camarade de déjeuner tout souriant qui m'attendait.

On se dégotte un petit resto sympa (le serveur est de la jaquette y'a aucun doute, et en plus il est sympa, souriant et efficace, que demande le peuple !).

On blablatte, surtout moi, il me fait parler le bougre et comme je suis un grand bavard, si on me laisse le crachoir, j'ai tendance à le remplir !

Mais il se dévoile un peu tout de même.

Je découvre donc un garçon charmant, doux, calme, posé, avec une voix toute douce relevée par un petit accent chantant du sud (un vrai régal).

J'ai beaucoup apprécié, ce moment privilégié.

Comme quoi, le cul de chèvre, permet aussi de belles rencontres, d'ailleurs Samedi, il y a de fortes chances pour que j'aille au théâtre avec un autre de mes boucamis et ça sera l'occasion de faire connaissance.

Bref, un merveilleux moment, sur une terrasse relativement calme (en plus c'était même bon), le bonheur, tout simplement.

Mais mon charmant compagnon se doit à ses obligations et doit donc reprendre le métro pour assister à cette réunion (où il est attendu, vu que le téléphone lui a rappelé qu'on l'attendait - c'est chiant les collaborateurs et les collègues, ça t'appelle dès que t'es un peu en retard et y'en a pas un qui est foutu d'être à l'heure !).

Nous nous séparons donc en haut des marches du métropolitain en se faisant la bise.

Me voilà donc seul au milieu du Marais !

Le soleil est au rendez-vous, je décide donc de passer un coup de fil et de proposer à un camarade de profiter de mes quelques heures de disponibilité.

Il est sur répondeur, je lui laisse un message en lui disant que je me promène un peu et que s'il me rappelle rapidement, je ne serais pas sur le chemin du retour.

Donc, et c'est maintenant que vous allez tout comprendre au titre du post, je décide de me balader dans le parc situé juste au dessus des Halles.

Cela m'a rappelé une merveilleuse journée passée avec H (on avait passé un long moment à discuter sur un des bancs), mais c'est du passé, juste un clin d'œil en passant.

Et là, je vois un muret-banc situé en plein soleil qui me tend les bras pour que j'y pose mon divin popotin !

Une invitation pareille ne se refusant pas, je cède à la tentation et me mets à l'aise pour profiter des rayons du soleil qui meurent d'envie de me lécher le visage et les bras (enfin les bouts de mes bras qui dépassent des manches de ma chemisette).

C'est donc ainsi que j'ai pu entamer une étude sociologique en regardant les gens.

J'aime ça, regarder les gens, essayer de deviner qui ils sont, de trouver les liens qui unissent ceux qui déambulent ensemble, repérer les petits détails, essayer d'attraper un regard, un sourire, surprendre un petit moment de bonheur, moi, ça me fait du bien de voir des gens heureux.

J'ai donc pu observer un jeune homme très mignon, grand et mince, la tignasse châtain tirant vers le roux (je n'ai pas encore eu l'occasion d'essayer un roux, mais lui, je dois bien avouer que j'aurais bien aimé qu'il me donne l'opportunité d'essayer) soulevée par quelques soufflettes de vent, le téléphone greffé à l'oreille et faisant des allers et retours devant moi, un peu comme si j'assistais à un défilé.

J'ai croisé des couples, certains amoureux ouvertement d'autres plus discrets, d'autre encore qui devaient être des collègues de boulot rentrant de leur déjeuner, ou des amis se dirigeant vers une quelconque activité qu'ils allaient partager ensemble.

Il y a eu bien sur des individus atypiques et puis quelques très beau spécimens de la gente masculine, des copines qui piapiataient, ...

Et puis tu surprend des extraits de conversation, en français, en anglais, dans des langues inconnues.

Tu assiste ainsi à la vie !

Et puis, mon compagnon d'étude, tout rayonnant et me chauffant quelque peu, m'a rappelé que si je ne voulait passer du nez rouge clownesque au cramé type barbecue, il serait temps que je lève l'ancre pour rentrer.

Et me voilà donc en train de vous raconter, un moment de vie, comme je les aime.

Tout simple, en bonne compagnie, et très agréable.